La place du Docteur Simon
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La place des Foires et des marchés
Agriculture et artisanat
L’agriculture, un maillon fort En plein cœur de l’ancien Gévaudan, la cité de Saugues et son activité agricole jouissent d’une solide réputation. De la fin du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle, les terres sont consacrées soit aux labours pour la production de céréales, soit aux pâturages pour l’élevage. Aussi loin que porte le regard, il est difficile de ne pas apercevoir à la belle saison un troupeau de brebis mouchetant ce bout de Margeride. Ce territoire est le fief du mouton, essentiellement de la race dite Blanche du Massif central. Avec plus de 25 000 brebis, le canton de Saugues est le plus important de la région et représente environ 20 % de l’effectif départemental. En ce qui concerne les bovins, il y a deux types d’élevage : les laitières, avec des Montbéliardes et des Abondances, et les allaitantes, qui se concentrent sur des races pures, comme l’Aubrac, la Charolaise et la Salers. Depuis quelques années, les agriculteurs opèrent une diversification de leur activité avec le développement de l’accueil à la ferme, la transformation et la vente directe de produits fermiers. Les foires et les marchés Qui dit production agricole dit marché aux bestiaux. Au début du XIXe siècle, Saugues est réputé pour ses foires aux chevaux, aux cochons, aux bovins et aux agneaux. Jusqu’en 1992, les ventes se déroulent en plein air, sur la place publique. Face à la progression des volumes de transactions, le marché couvert Michel Malige ouvre ses portes en 1992. Aujourd’hui, il abrite le marché aux veaux le lundi et celui des agneaux le vendredi. Il reçoit aussi, deux fois par mois, le marché des vaches de réforme et les broutards. Le marché aux ovins est au 4e rang national. Il est une référence pour les négociants qui viennent souvent de loin et représente une opportunité pour les agriculteurs locaux qui valorisent ainsi le fruit de leur travail. Quelques métiers saugains L’élevage de brebis est rendu possible grâce à l’existence de troupeaux communs, confiés à un berger. Dans le canton de Saugues, il est recruté le 29 septembre lors de la « foire des domestiques ». Lorsque les moutons passent la nuit à l’extérieur dans des parcs mobiles, le berger dort dans une cabane à roue. Cette profession disparaît progressivement avec l’évolution des pratiques agricoles et sous l’influence des politiques de reboisement d’après-guerre. L’élevage ovin favorise très tôt un artisanat de la laine. Dès le XVIIIe siècle, des tisserands collectent la laine filée par les femmes pour fabriquer de lourdes étoffes, vendues lors des foires aux « cadisseries ». Le métier de sabotier s’inscrit lui aussi dans la culture locale. Les sabots sont taillés dans le bouleau, le pin, parfois le chêne. Longtemps portés par les paysans, ils sont aujourd’hui encore utilisés par les danseurs des groupes folkloriques, témoins d’un patrimoine toujours vivant. |
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Portrais de Saugains
Par Louis Amargier et Lucien Gires
Retour de vacances Les sources, pour nous, c’est un vieux pays de Causses, entre l’Allier et la Margeride, pays rude au corps, doux à notre cœur ; pays dont l’âpreté castillane, — huit mois d’hiver, quatre mois d’enfer ! — ne se laisse pas oublier quand on y est né. (…) H. Bordeaux a parlé de « l’aptitude de certains lieux à former des âmes ». En voici certainement un. (…) Pays du Haut Languedoc, il a dû presque toujours se suffire malgré la pauvreté du sol. Aussi ses habitants ont-ils eu longtemps une fierté ombrageuse qui les faisait redouter de fort loin ; on disait d’eux qu’ils allaient à la messe le chapelet d’une main et le couteau de l’autre. (…) Paysans discrets, parlant rarement d’eux-mêmes, mais du temps, de la terre, des saisons. Ils sentent et ils aiment la luminosité de l’atmosphère de ces hauts plateaux, de ces montagnes qui font le dos rond. Ils sentent et ils aiment le chant de l’alouette, le scintillement doré des genêts en fleurs, le miroitement de la neige et des pendeloques de glace aux arbres et aux maisons. (…) Nous devons vouer une réelle admiration à ces hommes qui usent leurs mains, qui meurtrissent leurs muscles, qui bravent les éléments pour les rudes et graves travaux de la terre. Et si leurs manières nous semblent d’une âpreté naïve, c’est qu’elles viennent simplement de leur contact journalier avec le sol, avec la nature. (…) Louis Amargier, Le guetteur d’étoile, 1977.
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La collégiale Saint-Médard
Inscrite puis classée aux Monuments historiques en 1840 et 1971
Histoire de la collégiale Dès le XIIIe siècle, la collégiale Saint-Médard dépend du prieuré clunisien de Lavoûte-Chilhac. En 1452, les prêtres de Saugues forment un collège de chanoines, mais l’église reste liée à l’ordre de Cluny jusqu’à la Révolution française. La partie la plus ancienne de l’édifice est la tour-porche sud en granite, construite à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Le portail est décoré d’arcs sculptés reposant sur de petites colonnes aux chapiteaux ornés de motifs végétaux. L’intérieur de l’église témoigne de plusieurs périodes de travaux, du XVe au XXe siècle. La façade ouest, de style néogothique, date du XIXe siècle. Réalisée en pierre de Volvic, elle s’inspire du gothique flamboyant et correspond à l’agrandissement mené en 1873 par le curé Danthony. La collégiale conserve plusieurs œuvres remarquables : une Vierge en majesté du XIIe, une Piéta en bois peint du XVe ainsi que des croix de procession du début du XVIe réalisées par des orfèvres de la région. Les chapelles latérales présentent des peintures sur toile de jute, exécutées en 1975 par Lucien Gires et le frère Pierre Sabadel. L’une des chapelles abrite la châsse des reliques de Saint Bénilde et son gisant en cire.
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