Saugues est heureux de vous accueillir ! Ce parcours d’interprétation vous emmènera à la découverte de l’histoire et du patrimoine du village. Elle est le fruit d’un travail exemplaire et conjoint d’un comité de rédaction, du Pays d’Art et d’Histoire et de la commune. Ils vous raconteront la richesse de la culture locale et des personnalités originaires de ce territoire rural!
Cette balade présente trois entrées complémentaires : • Historique, pour comprendre les grands faits qui ont marqué son évolution. • Biographique, à la rencontre des femmes et des hommes qui ont fait la renommée du village. • Patrimoniale, à la découverte des oeuvres architecturales, littéraires et artistiques qui constituent son identité.
Au fil de votre promenade, vous rencontrerez de petites histoires indépendantes ou des extraits de textes et de poêmes qui, additionnées, vous permettront de cerner l’identité de Saugues. Ces textes sont illustrés essentiellement par l’étonnant Lucien Gires. Cet artiste local aura, tout au long de sa vie, favorisé cette culture saugaines.
Même si les panneaux peuvent se lire séparément, vous trouverez la carte complète du parcours à l’office du tourisme ou en scannant le QR code ci-dessous.
Nous vous souhaitons une belle découverte ! | « Qu’il était beau mon village !
Le temps a léché ses vieilles pierres. Tiens ! cette fontaine ne coule plus, cette façade a été repeinte, il passe beaucoup d’automobiles, les femmes ne portent plus la coiffe. Je vais, je viens, je regarde. Dans une ruelle inondée de soleil, un jeune homme ferre un cheval gris, un enfant blond, chasse-mouches en main, observe tous ses gestes. Existe-t-il vraiment devant mes yeux ? Non, la maréchalerie, la forge ne sont plus là. En moi, une voix murmure : je ne veux pas qu’ils meurent, je ne veux pas…
Que fais-tu là, Olivier, loin de Montmartre ? Tu as pris le train Bonnet, en troisième classe. Là où tu pensais trouver un village, tu as découvert un pays, le “pays de Saugues”. On y parlait le français, mais aussi une autre langue, mystérieuse, chantante et rude, qu’on appelait lou patouès, celle de tes origines.
Tu croyais seulement changer de lieu, tu changeais de temps. Certes, le calendrier parlait toujours des années trente, mais, loin des particularités d’époque, tu trouvais auprès du grand-père, des paysans, des ruraux, la manière de vivre des anciens, à la bonne, à la simple, à la campagnarde. C’est là que tu as vécu les plus beaux jours de ta vie, de notre vie.
Imaginons que pour briser les solitudes s’allument un feu de genêts au seuil de la nuit montagnarde. Mes amis sanguins, mes frères, tous les compagnons d’Olivier sont près de moi. Comment commencer la narration de notre commune aventure ? La flamme brule les visages, une bonne odeur de résine se répand. Je ferme les yeux, tout revient ; si vous le voulez, voyageons ensemble… »
Robert Sabatier, Les noisettes sauvages, 1974. |